[M] [Critique] Byleth/Les Démons Sexuels

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Psychovision.net Index du Forum :: Fantastique / Science-fiction / Fantasy
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
flint
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 13 Mar 2007
Messages: 8394
Localisation: cusset-plage

MessagePosté le: Lun Juin 09, 2008 12:26 pm    Sujet du message: [M] [Critique] Byleth/Les Démons Sexuels Répondre en citant



Les Démons Sexuels – 1972
(Byleth)

Origine : Italie
Genre : Fantastique

Réalisé par Leopoldo Savona
Avec Mark Damon, Claudia Gravy, Aldo Bufi Landi, Caterina Chiani (Marzia Damon), Silvana Pomilli, Carla Mancini

Autres titres : Il demone dell’incesto, Trio der Lust

Sortie cinéma France : 23 janvier 1974



Italie, XIXe siècle - Un an après avoir quitté le château familial, le Duc Lionello Shandwell (Mark Damon) revient sur ses terres. Son premier geste est d’aller se précipiter vers sa sœur Barbara (Claudia Gravy – « Les Religieuses de Saint Archange »), pour qui il éprouve un amour contre nature depuis sa plus tendre enfance. Une passion incestueuse quasiment réciproque, mais plus accentuée chez le frère que chez la sœur. D’ailleurs, lorsque Barbara apprend à Lionello qu’elle s’est mariée en son absence, celui-ci rentre dans une colère terrible se transformant très vite en profonde tristesse. A contrecoeur, il fait donc la connaissance de son beau-frère, Giordano (Aldo Bufi Landi), un homme plus âgé passionné de chasse et d’escrime, et qui envisage d’emmener Barbara à Rome.
Cette situation a pour effet de créer un climat de tension dans le domaine, d’autant plus que le retour de Lionello coïncide avec le meurtre d’une prostituée dans le village avoisinant. La jeune femme a été tuée par une arme blanche singulière composée de trois pointes.
La police enquête, un juge est mis sur l’affaire, qui ne tarde pas à se rendre dans le château où résident, en dehors de Barbara, son frère et son mari, Dario le palefrenier et Gisella la domestique. Les deux employés s’offrent d’ailleurs occasionnellement du bon temps dans les écuries ; mais cette fois il se trouve que Lionello, manifestement sexuellement perturbé, joue les voyeurs, suivant des yeux les ébats du couple, avec un mélange de désir et de dégoût.
Sa santé mentale commence sérieusement à décliner. Il entend des rires de femme dans la forêt, le bruit d’un cheval au galop dans les airs… Finalement, il se rend dans une pièce abandonnée, où se trouve un vieux coffre renfermant un grimoire de sorcellerie ayant appartenu à son père.







Œuvre méconnue qui connut brièvement un passage dans les salles de l’Hexagone voici près de trente cinq ans, inédite à la télévision, et éditée en vidéo dans seulement deux pays (Italie et Allemagne), « Byleth » possédait tous les arguments pour être un classique du cinéma bis. Avec son histoire mêlant le giallo (un assassin vêtu de noir qui tue ses victimes avec une sorte de trident de poche), l’érotisme (les héroïnes ôtant leurs toilettes avec facilité, le thème sulfureux de l’inceste) et l’horreur (le père du héros mort étrangement après avoir invoqué un Démon, le fils apparemment possédé), la trame avait effectivement de quoi faire saliver le moindre fan de cinéma de genre.
Malheureusement, au sortir des quatre vingt minutes de ce « Byleth », force est de constater que l’on peut avoir des raisons d’être déçu, et surtout frustré. Car Leopoldo Savona est manifestement passé à côté d’un sujet a priori original et passionnant. Né en 1922, ce réalisateur s’est dans un premier temps fait connaître à travers des œuvres classiques. En 1961, il co-réalise « Les Mongols » avec André De Toth. Il sera ensuite responsable de quelques westerns spaghetti, dont « Apocalypse Joe » avec Anthony Steffen. « Byleth » sera son avant-dernier film. S’inspirant du nom d’un Démon recensé dans les ouvrages consacrés à l’occultisme, il reprend donc l’idée d’un Prince du cauchemar, l’un des rois de l’enfer, qui apparaît aux humains monté sur un cheval blanc. Si les traités de démonologie évoquent un pouvoir permettant de hanter le sommeil d’une victime, l’affiliation à l’inceste est une invention du cinéaste, qu’on ne lui reprochera pas au passage, ce thème étant particulièrement tabou dans les années 70 (et encore pas mal de nos jours).







Alors qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans ce film ? Tout, ou presque. On s’attend à un film d’horreur et il n’y en a point. Les rares meurtres sont filmés soit hors-champ, soit au zoom, ce qui fait que l’on ne voit rien. L’arme utilisée par le tueur reste floue, et on a toutes les peines à distinguer de quoi il s’agit. Seule l’utilisation partielle de la caméra subjective, procédé classique permettant de voir l’action à travers l’assassin, reste satisfaisante. Mais c’est bien peu. Au niveau de l’érotisme, le bilan est mi-figue, mi-raisin. Les scènes d’effeuillage des actrices, et essentiellement les rêves tourmentés de Lionello en proie à des visions de femmes nues sont réussis. Par contre, les scènes d’amour s’avèrent relativement indigestes, faute une fois encore à l’abus du zoom qui ferait presque passer Jess Franco pour un amateur.
Passons pour le côté giallo du film qui est purement anecdotique, « Byleth » serait plutôt à classer dans le genre fantastique, axé sur la possession d’un être humain par une entité maléfique.



La frustration est d’autant plus grande que le casting s’en tire avec les honneurs. En dehors de Claudia Gravy, on retient la prestation convaincante de Caterina Chiani (alias Marzia Damon) dans le rôle de Gisella la domestique, et qui joua notamment dans « L’Insatiable Samantha ».
Par ailleurs, si Mark Damon est parfait dans son rôle d’homme fou amoureux de sa sœur, tourmenté et névrosé, Aldo Bufi Landi l’est tout autant, faisant l’idéal contrepoint à Damon, incarnant un personnage équilibré, rationnel, et intuitif. Bufi Landi a connu une grande carrière au cinéma, abordant tous les genres (peplums, aventures, espionnage…). On a pu le voir aussi dans « Quatre Mouches de Velours Gris ». La partition musicale, que l’on doit à Vasil Kojukaroff (inconnu au bataillon) est également réussie. Si l’on ajoute une superbe photographie, des décors magnifiques, et des scènes nocturnes impeccablement exécutées, on se dit qu’avec un peu plus de rigueur, Leopoldo Savona aurait pu réaliser un excellent film. Mais en s’attardant trop sur le ressort dramatique, et en prenant par-dessus la jambe l’aspect horrifique du scénario (dont il est l’auteur), il échoue finalement dans son entreprise, jusqu’à bâcler le final. Le spectateur a toutes les raisons d’avoir un goût amer au fond de la bouche.
Moralité : l’origine des maux, Byleth, est bien une petite cylindrée.

note : 5,5/10
accroche : Leopold mérite bien un savon.


















Dernière édition par flint le Lun Juin 23, 2008 9:56 am; édité 1 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Camif
99 % irradié
99 % irradié


Inscrit le: 16 Mai 2008
Messages: 1559
Localisation: Délocalisation

MessagePosté le: Lun Juin 09, 2008 6:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pourtant les photos donnent envie.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
flint
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 13 Mar 2007
Messages: 8394
Localisation: cusset-plage

MessagePosté le: Lun Juin 09, 2008 6:37 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Camif a écrit:
Pourtant les photos donnent envie.


Oui, c'est bien pour cela que c'est frustrant. Il y a dans "Byleth" une très belle photographie, aussi bien pour les scènes d'extérieurs que d'intérieur. Malheureusement, Savona gâche le plaisir en plusieurs occasions avec des gros plans à moitié flous complètement inutiles. Sans oublier un casting qui tient la route, contrairement à la réalisation du cinéaste.
Tiens, je regretterais presque que Polselli ne l'ait pas tourné (ou Batzella).
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mallox
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 10 Sep 2006
Messages: 15264
Localisation: Vendée franco-française

MessagePosté le: Lun Sep 13, 2010 1:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant


_________________
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Throma
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 25 Nov 2004
Messages: 3359
Localisation: Masse à chaussettes

MessagePosté le: Lun Jan 23, 2012 2:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Des belles images, un cachet Elvifrance prononcé, pas mal d'érotisme, un Mark Damon un peu moins fadasse qu'à l'ordinaire et pourtant c'est bien raté comme il faut.
Le mythe de Byleth comme l'histoire d'inceste sont traités par dessus la jambe et c'est quoi en fait cette incroyable fin complètement merdique ?

Complètement rasoir ce Byleth !
_________________
http://www.vhs-survivors.com/myvhs.php?alias=Throma
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
flint
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 13 Mar 2007
Messages: 8394
Localisation: cusset-plage

MessagePosté le: Lun Jan 23, 2012 5:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

On est d'accord. Un jour, je tenterai quand même une deuxième vision de ce "Byleth" (sans grande conviction).
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Throma
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 25 Nov 2004
Messages: 3359
Localisation: Masse à chaussettes

MessagePosté le: Lun Jan 23, 2012 8:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

On peut même pas qualifier cette conclusion de bâclée. C'est pire que ça : une blague.
A croire qu'il manque une ultime bobine.

Merci au fait, c'est un dvd-r que tu m'avais copié il y a 3 ans, le temps qu'il m'aura fallu pour me préparer au pire ico_mrgreen
_________________
http://www.vhs-survivors.com/myvhs.php?alias=Throma
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
flint
Super héros Toxic
Super héros Toxic


Inscrit le: 13 Mar 2007
Messages: 8394
Localisation: cusset-plage

MessagePosté le: Lun Jan 23, 2012 9:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois que l'on a tous un nombre de films en retard à visionner qui dépasse l'entendement. new_help
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Psychovision.net Index du Forum :: Fantastique / Science-fiction / Fantasy Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum




Powered by phpBB © 2001, 2002 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com Charcoal2 Theme © Zarron Media