Critiques par genre Anthologie | Science-fiction Une histoire de la science-fiction 3 - L'expansion (1958-1981)
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Une histoire de la science-fiction 3 - L'expansion (1958-1981)
Genre: Anthologie , Science-fiction
Année: 2000
Editeur: Librio
 

Voici une petite anthologie de huit nouvelles qui rassemble la crème de la SF, un best of concocté par l'inévitable Jacques Sadoul et faisant partie d'une série de 5 volumes (quatre chronologiques, parcourant la SF de 1901 à 2000 et un cinquième consacré aux auteurs français).

Mais malgré leur petit nombre, chacune de ces nouvelles est une perle du genre. Seule celle de Silverberg ("Groupe"), m'a laissé plutôt indifférent.


"Lumière des jours enfuis" (Bob Shaw) 1966
Une petite merveille de poésie qui exploite une jolie idée : l'invention d'un nouveau type de verre, le "verre lent", qui enregistre le décor qui lui fait face, les êtres comme les choses, pour ensuite les restituer sur sa surface.

"La bête qui criait amour au coeur du monde" (Harlan Ellison) 1968
Très caractéristique du style et des idées de cet écrivain excentrique faisant volontiers dans l'expérimentation. La nouvelle est impossible à résumer car, si elle débute bien de manière réaliste et concrète (le détail des méfaits d'un criminel), elle bifurque ensuite vers une série d'images métaphoriques / oniriques dont l'ambition est de rendre compte du Mal dans sa quintessence (bigre !)
Un texte court mais déconcertant.

"La fourmi électrique" (Philip K. Dick) 1969
Une des meilleures et des plus célèbres de l'auteur.
Après un accident qui le conduit à l'hôpital, Garson Poole a la surprise d'apprendre qu'il n'est pas un humain mais un androïde - une fourmi électrique dans le jargon de ce monde futur. Après le choc de cette découverte, il réalise qu'en manipulant une bande magnétique qui se trouve dans sa poitrine, il peut modifier sa perception de la réalité.
Magistral !

"Ceux qui partent d'Omelas" (Ursula Le Guin) 1973
Autre nouvelle bien dans la manière de l'auteure, avec ses préoccupations humanistes et son goût pour les descriptions foisonnantes de sociétés. De quelle manière la radieuse cité d'Omelas paie le prix de son bonheur ?
La réponse est cruelle.

"L'herbe du temps" (Norman Spinrad) 1970
Un étonnant tour de force d'écriture sur le thème de l'immortalité. Le narrateur, après avoir ingéré une herbe d'origine extra-terrestre, se retrouve hors du temps ou plus exactement se situe partout sur sa ligne, vivant à la fois son passé, son présent et sn futur, simultanément et à jamais !

"Cassandra" (Carolyn Cherry) 1978
Une nouvelle hallucinée où une jeune femme, douée de précognition, vit au quotidien au milieu des flammes, d'immeubles détruits et de corps calcinés, autant d'événements dramatiques qui se produiront dans un futur proche.
Visuellement inquiétant.

"Groupe" (Robert Silverberg) 1973
Description d'une société future où les individus s'adonnent à des jeux sexuels avec de multiples partenaires sans sortir de chez eux, grâce à la virtualité. Comme je l'ai dit, cette nouvelle est un peu décevante par rapport aux autres. Le sujet n'est pas inintéressant (moeurs futures = déshumanisation) mais le texte est répétitif et plutôt ennuyeux. Mais c'est une opinion personnelle.

"Sonnate sans accompagnement" (Orson Scott Card) 1979
La plus longue qui clôt le recueil. Cette nouvelle étrange et cruelle a contribué à faire connaître Card (avant le cycle Ender). Au programme : fanatisme religieux et musique.
Christian Haroldsen présente dès son plus jeune âge de grandes dispositions pour la musique et on voit en lui un futur génie. Pour éviter que son don naturelle ne soit corrompu par les infuences extérieures, les autorités de ce monde autoritaire le séquestre dans une maison au fond des bois. Là , il est censé trouver en lui la "musique de Dieu". Mais Christian désobéi en communiquant avec l'extérieur. Comme châtiment, il se fait amputer des doigts. Christian ne pourra plus jouer.
Ce texte est certes excellent mais il m'a laissé une impression de malaise, peut-être parce que les idées rigoristes qui y sont véhiculées ne semblent pas être condamnées par l'auteur, qui laisse planer une certaine ambiguïté. Rappelons que Card est mormon et que ses livres tournent souvent autour de l'idée que "la souffrance permet à l'homme de grandir". Une idée qui sent trop le masochisme chrétien et que je n'apprécie guère.
Mais Card reste un bon conteur.

Note : 9/10

Ragle Gumm

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