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Crapaud-tronc Longs-sourcils devrait à lui tout-seul faire l'objet d'une saga interminable. Zu est un film inoubliable, qui fait marrer chaque seconde, les images sont somptueuses, saturées, hystériques, la connerie gamine et décomplexée du zguègue se frotte à la poésie et l'exotisme des légendes (tellement romantiques) chinoises. Un triomphe. J'ai rarement pris autant de plaisir à voir un Wu xia pian.
Commentaire : mar. 31-03-09
bigbonn Zu est un film foutraque et imparfait mais avec de vrais moments de bonheur et de délire jouissif dedans. Pour le remettre dans le contexte français, il fait partie des films mythiques car invisibles qui meublèrent les rêves cinéphiliques de nombreux critiques... et lecteurs! Starfix puis Le cinéphage notamment, Christophe Gans en tête, en parlaient régulièrement comme d'un joyau du cinéma en liberté, comme d'une perle à découvrir. Seul problème: ce putain de film qui revenait régulièrement dans les colonnes des revues citées ne sortait pas dans les salles! Ni en VHS d'ailleurs. Je l'ai découvert au festival du film d'aventures de Valenciennes dont le thème était les films de cape et d'épée (et le sponsor... les rasoirs Wilkinson! on a les épées qu'on peut...) et, à la première vision, j'ai éprouvé un sentiment mitigé. D'abord emballé par une demi-heure ébouriffante et drôle, un peu essouflé ensuite par un récit brouillon et qui partait dans tous les sens. Depuis, je l'ai revu avec plaisir. Il y a du bon et du moins bon, du réussi et du moins réussi mais, dans l'ensemble, ça reste un film très sympa. Dans son interview du Spécial Asie du Cinéphage (Juillet/Août 1993), Tsui Hark en disait ceci: "Je crois que Zu est compliqué à comprendre pour tout le monde (rires). Il y a trop de personnages qui sont à peine développés, et dont on ne comprend pas la raison d'être, faute de budget. Même si, à l'époque, Zu était le plus gros budget de Hong-Kong, nous n'avons pas pu tourné tout ce qui était prévu. (...) Plus l'argent filait, plus le spectre du désastre de La porte du paradis semblait se profiler à l'horizon (rires). Nombreux étaient les problèmes, surtout en raison de la totale inexpérience de la production en matière d'effets spéciaux. (...) Le tournage s'étala sur près de neuf mois. (...) C'était un rêve d'enfant, devenir chevalier et posséder des super-pouvoirs. Mais le film impliquait de telles difficultés techniques que la joie a rapidement fait place à la fatigue et à l'angoisse." Il n'empêche. Même imparfait et brouillon, Zu reste à mes yeux l'un des moteurs de la (re)conquête du monde par le cinéma asiatique (ou tout au moins de notre petit Hexagone), l'une de ses lames de fond qui ont donné envie de voir d'autres films de là-bas dans une période où il n'en sortait quasiment plus en France.
Commentaire : ven. 06-03-09