Un flic de charme
Titre original: Il commissario Verrazzano
Genre: Poliziesco
Année: 1978
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Franco Prosperi
Casting:
Luc Merenda, Janet Agren, Luciana Paluzzi, Maria Baxa, Patrizia Gro, Daniele Dublino, Giacomo Rizzo...
Aka: Un flic à abattre / Play Cop / Policeman / Deadly Chase
 

Le commissaire Verrazzano est contacté par Giulia Medici, la propriétaire d'une galerie d'art. Giulia, qui a reçu une lettre anonyme, souhaiterait que l'on reprenne l'affaire sur la mort de son frère que l'on avait classée en suicide.

 

 

Francesco Prosperi est un réalisateur italien, à ne pas confondre avec son homologue Franco Prosperi (Mondo Cane, Les Bêtes féroces attaquent). Prosperi n'est pas le plus doué, il est d'ailleurs connu pour avoir réalisé deux films d'heroïc-fantasy à pisser de rire : "Gunan il guerriero" / "The Invincible Barbarian" (1982) et "Le Trône de feu" / "Il trono di fuoco" (1983), tourné avec l'actrice Sabrina Siani, reine de l'heroïc-fantasy ritale des années 80. Il a d'ailleurs produit un autre film de Sabrina Seggiani : "L'Emprise des cannibales" ou "Les Cannibales" (La dea cannibale ou Mondo cannibale III) de Jesús Franco ! Mais Prosperi est aussi scénariste, on lui doit notamment les scénarios de L'Esclave blonde / Schiave bianche : violenza in Amazzonia de Mario Gariazzo (1985), "Bianco Apache" de Claudio Fragasso et Bruno Mattei (1987) ou "L'Enfer vert" / "Natura contro" / "Cannibal Holocaust 2" d'Antonio Climati (1988).
Comme on peut le constater, dans la casserole de pâtes du cinéma de genre italien Prosperi se trouve plutôt au fond et parfois ça colle ! La qualité majeure du réalisateur est qu'il est capable de réaliser n'importe quel genre de film ; son défaut est qu'il ne garantit pas toujours la qualité du résultat !

 

 

On parle beaucoup de Maurizio Merli, mais c'est oublier l'autre succédané du poliziottesco : le Français Luc Merenda, mannequin, acteur et pilote amateur. Il fut choisi par Steve Mc Queen pour tourner "Le Mans" car il était bon pilote. L'acteur débute en interprétant le rôle de OSS117 dans "OSS117 prend des vacances". Ensuite, il tourne une multitude de films en Italie, souvent des poliziottesci, comme "Rue de la violence" / "Milano trema : la polizia vuole giustizia" (1973), "Salut les pourris" / "Il poliziotto è marcio" (1974), "Le parfum du Diable" / "La città gioca d'azzardo" (1975), "La città sconvolta : caccia spietata ai rapitori" (1975), "L'Accusé" / "La polizia accusa : il servizio segreto uccide" (1975), "Gli amici di Nick Hezard" (1976), Il conto è chiuso (1976), "La banda del trucido" (1977), "Italia : ultimo atto ?" (1977), "Calibre magnum pou l'inspecteur" / "Napoli si ribella" (1977), et donc Il commissario Verrazzano (1978). Avec les gialli Torso / I corpi presentano tracce di violenza carnale (1973) et L'homme sans mémoire / L'uomo senza memoria (1974), il obtient même une certaine notoriété internationale. Les Français le découvrent enfin dans les années 80 grâce au feuilleton à succès "Châteauvallon". Deux drames personnels et une carrière en déclin vont l'éloigner définitivement des plateaux de cinéma. Pourtant, tout le monde ne l'a pas oublié et Eli Roth, qui se souvient de sa prestation dans Torso, l'engagera pour faire une petite apparition dans "Hostel 2".

 

 

Dernier film de la piquante Luciana Paluzzi (Opération Tonnerre), qui arborait pourtant une quarantaine rayonnante, la belle rousse faisait partie de l'ancienne garde d'actrices qui s'épanouirent dans le cinéma de genre italien des années soixante. Mais des les années septante, une rude concurrence beaucoup moins pudique se profilait. Ainsi, sur ce film, elle se retrouve face à trois jeunes actrices qui n'avaient peur de rien. La plus connue et ma préférée : la belle Janet Agren, une Suédoise au corps magnifique et au regard de braise, qui malheureusement stagnera dans les méandres de la comédie italienne, mais tournera néanmoins dans quelques films intéressants, comme Atomic Cyborg, La secte des cannibales ou Frayeurs.
Moins connue, mais tout aussi sculpturale, sa consoeur Maria Baxa, une actrice d'origine yougoslave qui fera une carrière de seconde zone dans "Very Close Encounters of the Fourth Kind" / "The Coming of Aliens" ou "Per amore di Poppea", dont on retiendra surtout un petit rôle dans "Cosa Nostra" et "La Vengeance du Sicilien". Malgré un potentiel évident et une plastique sans défaut (elle fera le bonheur des magazines Ciné Revue et Playmen), elle ne parviendra jamais à percer et abandonnera le cinéma à quarante-trois ans pour retourner en Yougoslavie.
La petite dernière (mais pas la plus moche), l'Italienne Patrizia Gori, était une actrice très active. Elle participa à la nazisploitation d'Eurociné, dans Camp pour femmes, Elsa Fraulein SS, Nathalie dans l'enfer nazi et Helga la louve de Stilberg. Elle tourne avec Joe d'Amato (Emmanuelle et Françoise) ou d'autres productions comme Bacchanales Infernales et "Inhibition". Comme ses deux consoeurs, elle n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas à dévoiler ses charmes !

 

 

Pouvait-on espérer du réalisateur de "Gunan" un bon film ? Pas sûr... En tout cas, Lenzi et Massi n'ont pas à s'inquiéter, ce n'est pas ce film qui va les faire vaciller. On connaissait la propension de Francesco à glisser vers la facilité à la moindre occasion. Ce qu'il fait sans vergogne encore une fois ! Touche à tout (il fut aussi assistant réalisateur sur certains Mario Bava) besogneux, Francesco réalise n'importe quoi avec n'importe qui. Mais à l'inverse d'un Mattei ou d'un Massaccesi qui arrivent toujours à déraper dans l'excès, le brave Francesco reste toujours d'une retenue presque académique. Évidemment, il filme quelques scènes de nu (dont un cambriolage se transformant en orgie), un peu de violence (une femme dévorée par des chiens) et transforme son héros en en une sorte de "Dirty gigolo Harry", maniant aussi bien le flingue que les zakouskis ! Si le bon vieux Maurizio se retrouve souvent entouré des pires crapules, Luc Merenda doit affronter un quatuor d'actrices aussi jolies que diversifiées.

Francesco ne cache même pas ses empreints et copie presque plan par plan la première scène de fusillade (celle de la banque) de "L'Inspecteur Harry", ce qui rend la chose encore plus ridicule. Surtout que l'ensemble semble plus influencé par les polars de Burt Reynolds genre "La Cité des dangers", "Shamus" ou "Gator". Les intentions du réalisateur sont pourtant louables, on sent une propension à se tourner plus vers le thriller et l'enquête. On peut aussi mentionner quelques scènes réussies telles le règlement de comptes dans une fête foraine (comme au bon vieux temps du western), ou la mort d'un témoin dévoré par des chiens. Mais les efforts du réalisateur pour donner de la consistance aux personnages et à son intrigue se heurtent à des situations éculées et une direction d'acteurs au rabais. Le résultat est un film quelconque mais pas déshonorant, à réserver aux inconditionnels du polar italien de l'époque cherchant une alternative au moustachu Merli, et aux (a)mateurs de jolies filles !

 

 

The Omega Man

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